fresque au cinéma de contis

A l'occasion de la 26 ème édition du Festival du Film de Contis, l'équipe d'organisation m'a proposé de réaliser une fresque sur le mur extérieur de la salle de cinéma. Chaque jour, pendant une semaine, le public suivait l'évolution de la fresque, au fil des séances, comme une performance.

La peinture murale a pour thème le rideau, en hommage au rideau rouge qui trône à l'entrée de la plage, mais aussi à ceux de velours rouge de la salle de cinéma et au symbolisme du rideau. Un rideau scinde en effet l'espace et invite aux jeux d'ombres. Il intrigue et questionne sur ce qu'il y a d'un côté, ce qu'il y a de l'autre, et où se situe finalement le passage entre réalité et fiction.

8 m x 3, 50 m

septembre 2021, contis-plage, landes

La partie droite de cette peinture murale se termine par le flottement du rideau et des silhouettes découpées. Elles finissent en fondu dans la lumière, le blanc faisant le lien avec une première fresque peinte en 1997.

Sur la partie gauche, je présente une vision de la salle du cinéma de l’intérieur. C’est comme si on avait découpé, puis retourné, un pan de mur pour le montrer à la rue. En effet, le bleu plissé sur les murs, les lampes jaunes chaleureuses, les deux visages des marionnettes sont les éléments les plus distinctifs de cette salle. Il m’était important de les représenter. Et il se trouve que j’ai peint, par coïncidence, les deux marionnettes en symétrie exacte à celles qui sont placées à l'intérieur de la salle. Ces deux bonhommes sont donc présents des deux côtés de mur : ils invitent les spectateurs de la rue à devenir des spectateurs de la salle.

Enfin sur la partie centrale, entre rideau rouge et ombres noires, la porte de sortie de la salle est mise en relief par l’encadrement d’une silhouette adossée, elle pose là comme une actrice ou une comédienne.

Je suis heureuse d’avoir terminé au dernier jour du festival l’ensemble de la fresque, et réussi cette mise à l'échelle où ma peinture originale se devait d’être grossie 40 fois. C’était un sprint, mais agréable car entourée d’un public bienveillant et curieux, d’une équipe à l’écoute, d’un soutien énorme et d’assistantes motivées et extraordinaires.
Chaque jour je prenais mes pinceaux, sous le soleil ou sous une fine pluie, les pieds dans le sable, et commençais une partie de la fresque. Les projections cinématographiques rythmaient le matin et la fin de journée, les bribes de films traversaient le mur jusqu’à nous. J’ai suivi le festival véritablement dans les coulisses, inaperçue, ou visible par moments quand le public était dans la rue.